Question fréquentes
Cette page contient la réponse aux questions les plus fréquentes. Pour des informations plus approfondies, se référer aux articles de notre blog
Est-ce que le pisé peut être porteur ?
Bien sûr. Le pisé existe depuis des siècles et il y a de très nombreux bâtiments en pisé porteur en France qui apportent la preuve de la durabilité dans le temps de la construction structurelle en pisé.
Dans le cadre réglementaire actuel, on utilise le pisé de manière structurelle pour des bâtiments bas (jusqu’à R+1 voire R+2). On peut aussi construire des façades autoporteuses, c’est à dire qui se portent elles-mêmes mais ne portent pas les planchers.
Bien entendu, l’intérêt du pisé n’est pas qu’en structure porteuse. Il y a de nombreuses autres applications, notamment en conjugaison avec une structure bois pour apporter de l’inertie au bâtiment ou en remplissage de structure béton pour diminuer le bilan carbone de la paroi tout en apportant de l’inertie.
D'où vient votre terre ?
La terre d’excavation est le premier déchet produit par notre société : les terres d’excavation. Celles-ci représentent de l’ordre de 140 millions de tonnes par an, soit 40% de tous les déchets produits en France et presque 5 fois les ordures ménagères. Leur réutilisation est un véritable enjeu.
Ainsi, nous ne travaillons qu’avec des terres de l’économie circulaire, avec statut de déchet. Nous ne travaillons jamais avec des terres « neuves » extraite de carrières de terre.
Nous travaillons en permanence à l’identification de gisements qui nous permettent de réutiliser de la terre pour réaliser un pisé de haute qualité. Nous proposons par exemple aujourd’hui une terre issue du chantier du Grand Paris Express.
Nous cherchons au maximum de travailler avec des terres locales, en circuit court, mais nous demandons aussi à nos clients de comprendre que la filière terre crue est une filière en (re)construction et il n’y a pas de chaine d’approvisionnement pour la terre d’excavation. En phase transitoire il peut être nécessaire de transporter de la terre. Accepter cela est soutenir l’émergence de la filière terre crue en France.
L'impact carbone du transport de vos blocs sur chantier n;est il pas très élevé ?
Le bilan carbone du pisé, qu’il soit préfabriqué ou réalisé in situ, est extrêmement faible. La très grande majorité des émissions de carbone des matériaux les plus répandus provient des processus chimique émetteur de carbone et la cuisson. Le pisé évite cela complètement par un processus de fabrication très simple, sans chimie ni cuisson.
L’essentiel des émissions carbone de notre pisé viennent en effet du transport, mais l’impact est tout à fait secondaire. Notre FDES montre que même en tenant compte des transports sur chantier le pisé Terrio a un impact de gaz à effet de serre (GES) de seulement 9 kg/m2 de mur. C’est équivalent, voir plus faible, que celui du pisé fait in situ.
Nous sommes très attachés à la production locale, en circuit court. Notre modèle est de développer des sites de production sur le territoire pour être au plus près des gisements, d’une part, et des marchés, d’autre part. Il n’y a aucune intérêt économique ou écologique à transporter de la terre sur des grandes distances.
Nous participons aujourd’hui à la reconstruction d’une filière terre crue qui a été volontairement démantelée au vingtième siècle. Notre filière doit recréer tout une chaine d’approvisionnement, de la matière première au client. Cela implique qu’il y aura des phases où nos opérations ne seront pas optimales – par exemple ou nous devrons transporter nos produits sur des distances plus grandes que nous le souhaiterions. Dans une vision stratégique de la transition écologique, cela nous semble un petit prix à payer pour la mise en place de filières bas-carbone pour les produits de bâtiment.
Que contient votre pisé ? Ajoutez-vous du ciment ou de la chaux pour le stabiliser ?
Notre pisé contient un seul ingrédient : de la terre.
Nous pensons que les bénéfices de la non-adjonction de ciment ou de chaux sont plus grands que les limitations qu’elle engendre. Le bénéfices sont que le matériau reste très bas carbone et réutilisable en fin de vie comme de la terre. Les limitations – la sensibilité à l’eau et une résistance à la compression moindre que le béton – sont des choses qui nous semblent parfaitement gérables dans une conception intelligente des constructions.
Il peut nous arriver d’ajouter de la chaux de manière très ponctuelle et limitée, à la demande de nos clients, pour des besoins spéciaux.
Au passage, nous n’utilisons pas le mot « stabiliser » pour l’adjonction de ciment ou de chaux à la terre crue. La terre crue est parfaitement stable car elle n’a justement pas la composition chimique du béton qui s’altère dans le temps. La terre crue n’a donc pas besoin d’être stabilisée – c’est plutôt le béton qui en aurait besoin. 🙂
Nous ne diabolions pas non plus le ciment. C’est un matériau merveilleux, avec des performances extraordinaires, et il y a beaucoup de cas où le béton est très complémentaire à la terre crue. Le problème n’est pas le béton, mais son utilisation massive sans réflexion. Nous sommes pour son utilisation beaucoup, beaucoup plus raisonnée. Chaque matériau à sa juste place.
Du coup, est-ce que votre pisé résiste à l'eau ? On peut le laisser apparent en façade ?
Les ouvrages faits en pisé peuvent être extrêmement durable, même lorsque le pisé est laissé apparent en façade. Il faut juste respecter des règles de base de conception et de mise en oeuvre.
Le principe de base le plus important en construction en terre crue est « chapeau et bottes ». C’est à dire qu’il faut bien protéger le haut et le bas des ouvrages. Dans ces conditions, les bâtiments en pisé tiennent sans problème de nombreuses décennies et même des siècles.
Le Guide de Bonnes Pratiques du pisé donne des consignes pour les protections contre les remontées capillaires, les soubassements et la protection des sommets de murs et arases. Dans ces conditions, l’exposition d’une façade ou d’un mur en pisé aux eaux de pluie ne pose aucun souci.
Est-ce qu'il faut isoler le pisé?
Le pisé n’a pas une résistance à la conductivité thermique permettant une mise en oeuvre sans apport d’isolant dans la France métropolitaine dans le cadre règlementaire actuel. S’il s’agit d’un local chauffé, il faut donc bien apporter une isolation.
L’isolation peut être par l’intérieur ou par l’extérieur. Dans tous les cas, il faut utiliser un isolant perspirant, de préférence un matériau biosourcé (bois/cellulose, paille, chanvre ou autre fibre), afin de ne pas faire obstacle au passage de vapeur d’eau dans la paroi.
La terre crue a un grand intérêt dans la thermique pour son inertie. Cette inertie ne freine pas l’arrivée du chaud ou du froid, mais elle retient la chaleur ou la fraîcheur pour estomper l’effet des variations de température, ce qui diminue le coût de chauffage et de climatisation et contribue grandement au confort. Cet effet d’inertie est particulièrement précieux en confort d’été.
Les blocs Terrio contribuent également au déphasage, qui correspond à la durée nécessaire pour qu’une calorie (chaude ou froide) traverse la paroi. Un déphasage important permet à la chaleur de pénétrer dans un local la nuit, lorsqu’on peut en avoir besoin, et vice versa pour la fraîcheur le jour.
Avez-vous un ATEX ou un avis technique?
Le pisé est mis en oeuvre sous le avis de chantier ou procédure équivalente. Nous avons réalisé de nombreux chantiers avec à peu près tous les contrôleurs techniques de la place sur cette base sans difficulté particulière.
Bien utiliser le cadre des avis de chantier nécessite un dialogue de qualité avec le Contrôleur Technique très en amont. Plusieurs grandes sociétés de Contrôle Technique disposent d’un référent national pour les matériaux biosourcés et géosourcés. Le soutien de ses référents nationaux permet de fluidifier les processus et d’éviter bien des écueils.
Terrio apporte un réel savoir-faire dans le cadre du dialogue technique sur projet, notamment par son travail sur la caractérisation performantielle du pisé, avec des essais sur la sismicité, l’acoustique, la tenue au feu, etc., parfois en partenariat avec le Projet National Terre ou le CSTB. Ainsi nous souhaitons contribuer à l’avancement de la filière terre crue pour une meilleure connaissance et une meilleure acceptation du matériau dans une grande variété de mises en oeuvre
Pourquoi le pisé est-il si cher ?
On compare souvent les prix sans tenir compte des bénéfices. La terre apporte des bénéfices d’inertie, de régulation hygrométrique, de confort et d’esthétique que n’apportent pas les produits auxquels on le compare. Les gens qui vivent dans des constructions en pisé le savent, et ne le troqueraient jamais pour des constructions en béton et parpaings soi-disant meilleur marché.
La terre crue est un matériau extrêmement durable et résiliant. Il ne se corrode pas, et ne subit pas de dégradations chimiques à long terme comme le béton avec son alcalinité très forte. La terre crue peut au contraire facilement être reprise, réparée et amendée dans le temps. Avec le pisé on construit pour des générations.
OK, mais ça reste de la terre, donc pourquoi c'est plus cher que le beton ?
La raison principale que la terre crue semble chère par rapport au béton est que l’industrie du béton ne supporte pas le coût des ses externalités.
L’industrie du béton est autorisée à engendrer des dommages environnementaux sans en supporter le prix – que ce soit dans les opérations d’extraction de sable, d’agrégat et de calcaire, dans les émissions carbone et autres impacts environnementaux du processus de production du ciment et de préparation du béton et dans le stockage en fin de vie des quantités énormes de béton posées.
Donc le coût bas du béton est un bel exemple de ce que les économistes appellent un phénomène de passager clandestin : en achetant des produits béton à bas coût nous profitons de bénéfices dont nous ne payons pas le prix.
Au fur et à mesure que nous intégrerons mieux les impacts environnementaux dans les coûts du béton, on se rendra compte qu’en réalité le béton est socialement beaucoup plus couteux que ne le reflète son prix.
A l’inverse, la terre crue est un matériau issu d’un déchet, qui demande très peu d’énergie à mettre en oeuvre, qui n’a pas de processus chimique émetteur de carbone et qu’on n’a pas besoin de stocker en fin de vie car en le concassant il redevient de la terre. Les produits de construction en terre crue ont très peu d’externalités, et on paie donc à peu près la totalité du coût. Il n’y a pas de phénomène de passager clandestin.
Au contraire, le pisé, même préfabriqué, est produit de manière assez artisanale, avec une composante importance de main d’oeuvre et une matière première pour lequel il n’existe pas de circuits logistiques optimisés avec une masse critique. Le pisé est donc désavantagé économiquement, mais ce désavantage vas se réduire au fur et à mesure que le marché du pisé se développe.
Tous ces éléments font en sorte que le pisé est actuellement pénalisé au niveau du coût. Il n’y a pas de doute que c’est un matériau plus vertueux, mais dans les règles actuelles de notre économie cela ne se traduit pas encore en euros – au contraire, il a un prix.
Est-ce que le pisé est suffisamment solide par rapport aux dégradations volontaires ? La maintenance est-elle difficile ?
Un mur en pisé peut être abîmé, comme peut l’être le bois, le bardage métallique, le béton ou un enduit. Nous pensons que les craintes à propos du pisé sont surtout une projection culturelle, que l’on rencontre d’ailleurs beaucoup moins dans les régions acculturées à ce matériau.
L’avantage du pisé par rapport aux matériaux conventionnels est qu’il est beaucoup plus facilement réparable. Cette réparabilité facile rend le pisé résilient aux dégradations.
En cas de dégradation, une réparation se fait simplement avec de la terre. Un mur en pisé qui a fait l’objet d’un graffiti se répare de manière simple et complètement naturelle, sans utilisation de produits chimiques : https://app.videas.fr/fd295ce7-cc6d-4fc4-9f9d-d7fabffc738f/