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Terrio

Concevoir avec le pisé

Aujourd’hui beaucoup de maîtres d’ouvrage et de prescripteurs, conscients des impacts de leurs choix, souhaitent se tourner vers le pisé.

On peut utiliser le pisé de beaucoup de façons différentes dans la construction aujourd’hui. Dans l’époque moderne du pisé que nous vivons aujourd’hui, les architectes et ingénieurs sont appelés à faire preuve de créativité dans l’appropriation de ce matériau.

Il faut cependant maintenir à l’esprit que si le pisé est un matériau avec des caractéristiques qui lui permettent de faire beaucoup de choses, ce n’est pas un matériau très transformé qui permet au concepteur de s’affranchir des contraintes, comme il peut en avoir l’habitude aujourd’hui avec le béton.

Le pisé est un matériau qui est fait pour avoir une certaine masse. Il est vraiment fait pour former des murs. Ce n’est pas un matériau de parement ou de revêtement.

Le pisé n’est pas forcément approprié pour certaines habitudes prises par les architectes au cours du vintième siècle. Il s’accorde plus avec l’intelligence constructive plus ancienne ou vernaculaire.

Autrement dit, le pisé impose une autre exigence : il faut prendre le temps de comprendre le matériau et de construire avec lui, pas malgré lui.

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Le pisé et la structure

Le pisé peut bien sûr être porteur. Les très nombreux bâtiments en pisé porteur en France apportent la preuve de la durabilité dans le temps de la construction en pisé.

Dans le cadre réglementaire actuel, on utilise le pisé de manière structurelle pour des bâtiments bas (jusqu’à R+1 voire R+2).

Si votre projet se situe en zone d’aléas sismique modéré, moyen ou fort, il faudra

Dans tous les cas, pour une utilisation structurelle il faudra l’intervention d’un ingénieur structure.

On peut aussi construire des façades autoporteuses, c’est à dire qui se portent elles-mêmes mais ne portent pas les planchers. 

Enfin, le pisé peut être utilisé pour réaliser des remplissages et des murs de toutes sortes non-porteurs, en façade, en refend, en séparatif, etc.

Le pisé et la thermique

Le pisé a une conductivité thermique (lambda) trop élevée pour qu’on puisse se passer d’isolant sur un mur en pisé dans le cas des locaux chauffés soumis à la réglementation thermique de France métropolitaine.

Par contre, le pisé a d’autres caractéristiques utiles pour le thermique. Le pisé ne doit pas être vu comme un isolant, mais comme un régulateur hygrothermique passif.

Le pisé est un matériau hygrorégulateur qui maintient un taux d’humidité relative entre 40 % et 60 %, zone optimale pour la santé et le bien-être humains.

Le pisé à une forte inertie, ce qui lui confère la capacité à stocker de l’énergie dans sa masse pour la restituer plus tard. Le pisé contribue donc à lisser les températures, ce qui contribue au confort et peut permettre de baisser la consommation d’énergie.

Attention : en cas de forte canicule sur une longue période le pisé seul ne permettra pas rafraichir le bâtiment. Par contre la combinaison du pisé avec une conception bioclimatique intelligente peut permettre au pisé de contribuer au confort lors de canicules. L’intervention d’un thermicien expérimentée dans ces techniques est indispensable dans ce type de situation.

La conception des enveloppes de bâtiment en pisé demande une bonne compréhension des bases du confort hygrométrique car le fonctionnement hygrothermique du pisé diffère de celui des matériaux synthétiques généralement utilisés aujourd’hui pour les enveloppes de bâtiment.

Terrio préconise l’usage exclusif d’isolants naturels et capillaires. Ces matériaux partagent une des caractéristiques communes avec le pisé : ils sont hygroscopiques et gèrent l’humidité de manière organique.

Collège Louis Querbes à Vourles

Le pisé et l'eau

Le pisé est un matériau de construction composé uniquement de terre crue compactée. Le contact prolongé avec de l’eau lui est très néfaste.

Le pisé avoir une grande longévité, même en extérieur, à condition de mettre en oeuvre des protections architecturales.

Afin de garantir la longévité du pisé, il faut de bonnes bottes :

  • Vérifier le PPRI pour assurer que le pisé est au-dessus du niveau haut de l’eau ;
  • Réaliser un soubassement d’une hauteur minimale de 20 cm au-dessus du niveau du terrain naturel ;
  • Une rupture de capillarité doit être réalisée s’il y a un risque de montées capillaires

Et un bon chapeau :

  • Débord de toiture, surtout si absence d’égout de rive ;
  • Protection de toutes les têtes de mur par la mise en place d’une couvertine efficace disposant d’une goutte d’eau continue ;
  • Toutes les arases doicent être protégées ainsi que tout point pouvant constituer un lieu de rétention d’eau contre la façade.

L’eau de pluie ruisselante ne pose pas de problème de longévité pour le pisé. Une façade en pisé bien conçue resistera sans problème aux intempéries courantes.

Nous pouvons faire des recommandations et donner un avis sur votre situation spécifique en fonction de la conception de la façade, l’exposition, etc.

Référentiel et assurabilité

Il n’existe pas de référentiel réglementaire (Eurocode, norme NF, DTU) pour le pisé, ni d’Avis Technique ou Appréciation Technique Expérimentale (Atex).

Il existe un Guide des Bonnes Pratiques qui recense un certain nombre de règles de l’art. Ce document n’a pas été validé par la C2P et ne confère pas au pisé le statut de pratique courante au sens de la réglementation assurantielle du bâtiment.

Nous avons une expérience importante dans la conformité technique et l’assurabilité des ouvrages en pisé. Consultez-nous pour vous accompagner dans vos projets en pisé préfabriqué sur ces sujets.