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Terrio

La terre, premier déchet de France

Le secteur du bâtiment et des travaux publics est à lui seul responsable de 70% des déchets produits en France. Une majorité de cette catégorie est les terres d’excavation, qui représentent 40% du total des déchets.

La terre d’excavation n’est donc pas juste un déchet. C’est tout simplement la composante la plus importante du mix de déchets de la France, très loin devant les déchets ménagers.

Les volumes sont énormes. C’est 2 tonnes déchet de terre excavées par an pour chaque français et chaque française, adulte et enfant. Avec cette quantité de terre, on pourrait remplir le Stade de France à rabord, jusqu’au niveau du toit, un peu plus de 36 fois. Tous les ans.

L'impact de cette production massive de déchets de terres d'excavation

Les gens peuvent être tentés de ne pas considérer cela comme si grave. On peut penser « C’est de la terre, c’est naturel, donc ce n’est pas un déchet. »

En réalité, on ne déplace pas une telle quantité de matière sans conséquence. Brasser, déplacer et stocker de telles quantités pose des problèmes environnementaux, logistiques et éco-financiers majeurs. 

Les dépôts de terres d’excavation détruisent les sols vivants qui ont mis des siècles à se former. Sous des remblais, sa biodiversité (bactéries, champignons, vers de terre) meurt asphyxiée. Même en remblaiement de carrière, le dépôt de grandes quantités de terre a des impacts négatifs sur le vivant et sur le fonctionnement hydrologique et pédologique.

Les décharges proche des grandes villers arrivent à saturation, ce qui force à envoyer ces terres de plus en plus loin. Cela intensifie aussi le problème des dépôts sauvages dans les zones naturelles ou agricoles afin d’éviter les coûts de mise en décharge.

Le transport de ces énormes quantités de matière à lui-même un impact important. Nous estimons le bilan carbone uniquement lié au combustible pour le transport de déchets de terre d’excavation à 500.000 à 800.000 tonnes de CO2eq par an.

Blocs dans l'atelier

Construire avec un déchet

Aujourd’hui il existe deux manières vertueuses de réutiliser les terres : la production de terre végétale et la production de matériaux de construction. Nous nous focalisons sur cette dernière.

Nous ne travaillons qu’avec des terres de l’économie circulaire, avec statut de déchet. Nous ne travaillons jamais avec des terres « neuves » extraite de carrières de terre.

Nous n’ajoutons pas de sable ou d’agrégats, car ce sont des produits d’extraction, avec des impacts environnementaux parfois très importants.

Une fois des gisements importants identifiés, nous menons une batterie rigoureuse de tests pour valider la qualité des terres, leur non-pollution et leur caractéristiques mécaniques pour produire le pisé le plus durable.

Si vous voulez participer à notre grande ambition d’utiliser la terre crue en économie circulaire, ce que vous pouvez faire de votre côté est prescrire et demander de la terre crue pour vos projets.

Plus le matériau terre rentrera dans les pratiques, plus la demande sera forte, plus nous serons en mesure de vous proposer des produits avec des terres d’excavation locales. Le chemin est long, et tout soutien sur le parcours aide la filière à se construire pour un jour représenter un levier significatif sur les déchets stockés.

Groupe scolaire Charcot-Barbusse à Romainville

S'alimenter localement, dans un métabolisme territorial régional

Un chantier typique est rempli d’éléments qui viennent de loin, parfois très loin : carrelages, faïences et sanitaires (WC, lavabos, douches) d’Espagne ou d’Italie fabriqués souvent avec des argiles d’Ukraine ; acier d’Europe de l’Est (Pologne, Turquie) ou d’Asie (Chine, Inde) ; menuiseries en aluminium issues de bauxite de Guinée ou d’Australie ; bois de Scandinavie, de Pologne ou des pays baltes ; composants asiatiques dans les PAC et les appareillages électriques ; et des dérivés de la pétrochimie mondiale partout : plastifiants et retardateurs du béton, menuiseries en PVC, colles du lamellé-collé, liants des laines minérales, isolants en polyuréthane, tuyauteries et canalisations en plastique, sans oublier les membranes d’étanchéité de toiture (bitume, EPDM), les films pare-pluie et pare-vapeur, les rubans adhésifs et les mastics.

La terre étant très lourde, disponible partout, et nécessitant pas de transformation, n’aurait pas de sens à transporter sur de grandes distances. Notre vision est d’un marché français alimenté par des petits sites de production répartis sur le territoire, avec juste la masse critique nécessaire pour pouvoir justifier la petite industrie nécessaire pour des matériaux compétitifs.

Notre stratégie est d’implanter des petits fabriques proche des gisements importants de terre d’excavation adaptées aux produits que nous proposerons, dans les grands bassins de demande.